Processus de gestion des photos numériques (nouvelle version)

Cet article est une mise à jour de l’article de même titre, publié au début du mois de septembre. La mise en pratique du processus m’a permis d’identifier certaines lacunes que je tente d’éliminer avec cette nouvelle version.
Je vous la soumets sous la forme d’un nouvel article, pour garder la trace des évolutions par rapport à la précédente.

Objectifs

Le point d’entrée du processus sont les fichiers stockés sur la carte mémoire de l’appareil photo.
L’objectif est de retrouver ces photos, triées, classées, traitées, indexées dans la zone de stockage primaire de mon disque dur.

Préambule

Pour mes prises de vue, j’ai génère des fichiers RAW. J’ai choisi de travailler dans ce format parce que les traitements effectués sur ces fichiers donnent des résultats incomparables par rapport au JPEG. Je pense à deux aspects en particulier: la balance des blancs, et les corrections d’exposition. Le RAW permet de « rattraper » des situations qui semblent perdues à priori.

J’ai finalement abandonné le JPEG au niveau de la prise de vue, pour ne générer que du RAW, pour trois raisons principales:

  • d’abord, avoir deux fichiers par cliché complique la gestion et aboutir à des erreurs,
  • ensuite, parce que j’ai fini par m’habituer au rendu que j’obtiens avec mes propres développements,
  • pour finir, en me documentant, j’ai trouvé un processus de développement RAW relativement rapide (30s / photo)

Le processus

Voici donc une description complète de mon processus de gestion de photos.

Tâche Objectif Techniques / Outils
1 Transfert sur disque - Vider les cartes,
– Préparer l’étape suivante
- Support de stockage
- Arborescence
2 Tri / Sélection phase 1 - Evaluer et noter les photos
– Identifier les photos à conserver, à traiter, ou à effacer
- Processus d’évaluation
– Convention de notation
3 Développement - Traitement global des photos
– Evaluation des retouches
- Processus de développement des photos
4 Tri / Sélection phase 2 - Evaluer et noter les photos
– Dernière phase avant effacement
- Processus d’évaluation
– Convention de notation
5 Retouche - Traitement définitif des photos Processus de traitement / Retouche
6 Export en JPEG Générer les fichiers JPEG correspondant aux versions définitives des photos
7 Marquage / Classification - Renommer les photos,
– Marquer les photos pour indexation
- Convention de nommage,
Méta données
8 Effacement / Purge - Faire le ménage
– Effacer les fichiers devenus inutile,
9 Sauvegarde Sauvegarde complète de l’arborescence traitée Support de stockage
10 Publication

Dans les articles suivants, je donnerai des explications sur chacun des aspects décrits dans la colonne 3.

Sous une forme plus graphique, cela donne:

Regardons maintenant les différentes étapes plus en détail.

1. Transfert sur disque

Cette phase nécessite peu de commentaires. Il s’agit simplement de recopier les photos de la carte mémoire vers une zone du disque.
Je copie donc les photos vers la zone définitive de stockage primaire, mais je fais une seconde copie vers une zone de sauvegarde temporaire. Cette zone sera effacée à la fin du processus, à l’étape 8, lorsque tous les traitements seront terminés.

Cette sauvegarde est optionnelle, mais elle couvre les risques de pertes de disques, d’effacement accidentel ou de dégradation des photos pendant le processus de gestion. Elle est particulièrement utile si vous ne travaillez qu’avec un seul format (JPEG ou RAW), car vous n’avez qu’un seul exemplaire de la photo.

Autre point: j’efface le contenu de la carte immédiatement après avoir vérifié que la copie s’est correctement réalisée. Cela évite d’avoir:

  • une carte pleine, au moment ou j’ai vraiment besoin de prendre une photo rapidement,
  • des doutes sur le contenu des cartes (copié ou pas copié? Puis l’effacer?).

Je formate les cartes plutôt que d’effacer les fichiers.

2. Tri / Sélection phase 1

Cette phase consiste à évaluer la qualité globale des photos. L’objectif est d’éliminer rapidement les photos qui ne méritent pas d’être « travaillées ». Le résultat de cette évaluation donne une note qui va de 1 à 5. J’utilise également la notion d’étiquettes de certains logiciels, pour noter les défauts repérés (pour les futurs traitements). J’adopte donc un code de couleur en fonction du défaut (netteté, exposition, …).

Les photos notées 3 et au-delà sont retenues. Les photos notées 2 sont sur la sellette: elles sont considérées comme mauvaises, mais disposent d’une seconde chance, au cas ou le développement ferait disparaître leurs défauts. Celles qui sont notées 1 sont déplacées dans un répertoire que je nomme « Bad ».

Je parlerai de mes conventions de notations dans un prochain article.

3. Développement

Nous venons donc de réaliser un premier tri. Certaines photos sont considérées comme retenues, d’autres sont plus litigieuses. Le plus mauvaises ne sont déjà plus visibles dans le répertoire de travail.

Le processus de développement est toujours le même:

  1. Activation de la visualisation des zones sous et surexposées,
  2. Réglage de la balance des blancs,
  3. Correction de l’exposition,
  4. Compensation des zones cramées (surexposées),
  5. Compensation des zones bouchées (sous-exposées),
  6. Modification des contrastes
  7. Accentuation des couleurs (si nécessaire),
  8. Cadrage / correction de l’horizon

Les problèmes de netteté / de piqué sont réglés lors de la phase de retouche. Il en va parfois de même pour les points 6 et 7 (contrastes et couleurs).

A toutes les étapes (surtout les 3, 4 et 5), je vérifie que je ne génère pas de bruit excessif ou d’artefacts.

Le terme développement est important: les traitements restent globaux, sont appliqués à l’ensemble de la photo et touchent principalement à son exposition.

Comme je travaille en RAW, les traitements appliqués ne sont pas destructifs: je peux revenir à l’original quand je veux, ce qui est bien pratique.

4. Tri / Sélection phase 2

Il s’agit de la phase de sélection définitive. Je parcours de nouveau la liste complète des photos, en tenant compte des premiers traitements effectués. Je m’attarde particulièrement sur les photos initialement notées 2 et 3, qui sont les photos pour lesquelles j’ai le plus d’hésitations.

A la fin de cette sélection, je déplace toutes les photos jugées de mauvaise qualité (note inférieure à 3) dans le répertoire « Bad ». Je n’efface pas directement les photos non retenues, parce qu’elles peuvent servir à d’éventuelles retouches.

5. Retouches

Nous disposons donc maintenant, d’une série de photos dont la qualité est jugée suffisante pour qu’elles soient conservées.
La phase de développement a corrigé les défauts globaux des clichés: balance des blancs, exposition, …

Il reste à traiter les éventuellement problèmes de netteté, et à peaufiner les détails. Cette phase permet donc de travailler sur:

  • les problèmes de sur ou sous-exposition locaux (densité …),
  • les petits défauts à faire disparaître (touristes, défauts cutanés …),
  • accentuation de la netteté, du piqué
  • les accentuations locales (sur les yeux par exemple).

Ce travail peut être assez long, d’autant que je suis loin de maîtriser les outils nécessaires.
Je ne traite pas l’intégralité des photos, je m’attarde plus sur les photos que j’ai noté 4 ou 5 pendant les phases de sélection.

Je place également dans cette phase, tous les montages du type panoramiques.

6. Export en JPEG

La base de photos est maintenant « propre » et n’évoluera plus (en principe).
Je pars des fichiers RAW, ou des fichiers de montage (psd, …) pour générer les fichiers JPEG définitifs. Les fichiers sont paramétrés pour l’impression.

7. Marquage / Classification

Jusqu’à présent, nous avions gardé le nom donné aux photos par l’appareil. Ce format permet juste de sérialiser les clichés. Cette phase consiste donc à rendre ce nom plus significatif, et permettre une meilleure identification des photos.

Pour se donner les moyens de faire des recherches efficaces, en fonction d’un lieu, d’un évènement, d’une personne, le classement par répertoire ne suffit pas: Il faut ajouter de l’information supplémentaire aux photos.

La meilleure méthode pour cela est d’utiliser les champs IPTC/XMP stockés dans les photos elles-mêmes.

8. Effacement / Purge des photos

Cette phase d’effacement est très rapide. J’efface

  • les photos dont la qualité est jugée insuffisante. Toutes ces photos doivent normalement se trouver dans le répertoire « Bad » dont j’ai parlé à l’étape 4,
  • les fichiers temporaires ou intermédiaires qui ont servi lors de l’étape de retouche,
  • la plupart des fichiers RAW correspondant aux photos notées 3, car elles sont en général d’un intérêt ou d’une qualité moyenne, et ne sont conservées que pour un côté affectif. Je conserve précieusement les originaux des photos notées 4 et 5.

9. Sauvegarde

Tous les traitements étant terminés, il est temps d’effectuer une sauvegarde du travail réalisé. Cette étape consiste donc à

  • Sauvegarde la zone de stockage primaire,
  • Effacer la zone de sauvegarde temporaire créée à l’étape 1.

L’article Photo Numérique: le stockage décrit les outils et supports utilisés.

10. Publication

Cette étape consiste à adapter les photos au support final. J’ai hésité à la mettre dans le processus:

  • d’une part, depuis l’étape 8, je ne touche plus aux photos définitives,
  • d’autre part, la publication ne suit pas forcement immédiatement les phases précédentes. Cette publication dépend des besoins, des demandes …

La publication peut être

  • une simple impression,
  • un montage tel que pêle-mêle, album, …
  • une publication sur internet

D’une manière générale, il s’agit souvent d’un changement de taille, de résolution, ou des deux.
Je ne conserve pas le résultat de la publication: pendant les « travaux », les fichiers sont stockés dans un répertoire spécifique qui est effacé après utilisation.

Conclusion

Ce processus n’a rien d’original: Il correspond à ce que l’on trouve assez couramment dans la littérature ou sur Internet. Il est simple, efficace et finalement assez cohérent, parce que chacune des étapes fait appel à un seul outil.

Les points qui me semblent importants sont: l’évaluation/sélection en deux étapes, ainsi que la différenciation des phases de développement et de retouche.

Travailler avec les fichiers RAW facilite d’ailleurs énormément les choses de ce point de vue, et me permet de gagner du temps:

  • la phase de développement est bien plus rapide avec les outils de dé matriçage (dérawtisation, type Dxo, Camera Raw, DPP, …), qu’avec des outils graphiques (Gimp, PhotoShop …).
  • les transformations sont non destructives, et peuvent être annulées ou modifiées très facilement. Avec les fichiers JPEG, obtenir la même souplesse, oblige à conserver les fichiers « de retouche » qui font parfois plusieurs dizaines de Mo.

Dans les prochains articles, je vous décrierai plus en détail, chacune des étapes.

Références
  • O’Reilly – The Ideal Digital Photographer’s Workflow Part 1 and Part 2
  • Microsoft – Expression Media regroupe un certain nombre de témoignages intitulés « My Workflow »
  • Campus Press – Le livre Photoshop CS3 pour les photographes numériques – Scott Kelby.

Autres articles de cette série

  1. Photos numériques: Utilisation des métadonnées (28 octobre 2008)
  2. Photos numériques: convention de nommage (17 octobre 2008)
  3. Photos numériques: présentation des métadonnées (10 octobre 2008)
  4. Photos numériques: Organisation des répertoires (5 octobre 2008)
  5. Evaluation et sélection des photos numériques (2 octobre 2008)
  6. Processus de gestion des photos numériques (nouvelle version) (28 septembre 2008)
  7. Processus de gestion des photos numériques (2 septembre 2008)
  8. Photos numériques: le stockage (15 août 2008)
  9. Gestion des photos numériques (10 août 2008)

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