PMP, Cahier de révision: PMP et la certification

Avant d’aborder les révisions proprement dites, je vais faire une brève présentation de PMP® et de la certification. Je parlerai également des éléments nécessaires à la préparation de la certification.

PMI® et PMP®

Le PMI®1 est une association à but non lucratif, fondée en 1969, pour la promotion de la gestion de projets, de programmes, et de portefeuilles projets2.

PMP® est la plus répandue des certifications proposées par cette association. PMP® est également l’un des frameworks de gestion de projet, le plus répandu dans le monde, et compte aujourd’hui (Fév. 2016), près de 700 000 certifiés3.

  • PMP® n’est pas une méthode, mais plutôt un guide, ou un cadre de management de projet. Le mot cadre étant, pour moi, une mauvaise traduction du mot framework, et faute d’en trouver une meilleure, pour éviter toute confusion, j’utiliserai, dans cet article, et les suivants, le mot framework.

La certification s’appuie sur le PMBok® (Guide du Corpus des connaissances en management de projet), qui constitue une sorte de bible pour le chef de projet.

PMP® se présente comme un framework, décomposant le cycle d’un projet, en 5 groupes de processus (process groups), regroupant 47 processus:

  1. Initialisation (initiating),
  2. Planification (planning),
  3. Exécution (executing),
  4. Contrôler et maîtriser (Monitoring & Controlling),
  5. Clôturer (Closing)

Ces 47 processus sont également regroupés dans les 10 domaines de connaissance (Knowledge area) suivants:

  1. Le management de l’intégration du projet (Project Integration Management),
  2. Le management du contenu du projet (Project Scope Management),
  3. Le management des délais du projet (Project Time Management),
  4. Le management des coûts du projet (Project Cost Management),
  5. Le management de la qualité du projet (Project Quality Management),
  6. Le management des ressources humaines du projet (Project Human Resource Management),
  7. Le management des communications du projet (Project Communications Management),
  8. Le management des risques du projet (Project Risk Management),
  9. Le management des approvisionnements du projet (Project Procurement Management),
  10. Le management des parties prenantes du projet (Project Stakeholder Management).

Ce qui donne la cartographie suivante

L’exécution de ces processus s’appuie sur des outils, et des techniques. Ces outils et techniques peuvent être généraux ( brainstorm, …), ou spécifiques à un domaine de connaissance ( RH, finances, …)

En parallèle de la lecture du PMBok®, décrivant les processus, le chef de projet devra donc acquérir une « culture » autour de ces outils et techniques.

PMBok®

Cet ouvrage est la bible, la référence, concernant PMP®. Il est d’ailleurs écrit dans le chapitre introduction, que le guide PMBok contient la norme globalement reconnue … du management de projet.

PMP® n’étant pas figé, ses évolutions conduisent périodiquement à la publication de nouvelles versions du PMBok®. Les examens (les questionnaires), s’alignent logiquement sur ces versions. Aujourd’hui, c’est la 5ième édition du guide qui est utilisée, depuis 2013.

Lorsque vous démarrez une formation PMP®, il faut vérifier les dates de sortie éventuelle d’une nouvelle version. C’est rare, mais il serait gênant que vous suiviez une formation avec une édition du PMPBok®, qui ne corresponde pas à la version utilisée pour l’examen.

Pré-requis

Si vous souhaitez vous lancer dans ce type de certification, sachez qu’elle nécessite un investissement personnel, et des pré-requis. Pour avoir le droit de passer l’examen, il faut4:

  • Pour un diplôme BAC+2: un cumul de 7500 heures de gestion de projet, pendant une durée de 5 ans minimum, et avoir suivi une formation de minimum 35 heures, en rapport avec la gestion de projet,
  • Pour un diplôme BAC+4: un cumul de 4500 heures de gestion de projet, pendant une durée de 3 ans minimum, et avoir suivi une formation de minimum 35 heures, en rapport avec la gestion de projet.

L’examen

L’examen se présente sous la forme d’un QCM. Il faut répondre à un total de 200 questions, sur une durée de 4h (soit 240 minutes).

  • 4h pour quelqu’un qui a quitté l’école depuis « quelques » années maintenant, représente une durée de concentration, qui peut être un peu compliqué à gérer,
  • 240 minutes pour 200 questions, cela veut dire, un peu plus d’une minute par question,
    • Les questions sont plus ou moins longues à lire (certains intitulés font 1/4, voir 1/3 de page),
    • Certaines questions nécessitent de faire des calculs (avec une calculatrice fournie).

Cela veut dire qu’il faut évacuer le plus vite possible des questions relatives aux définitions, vocabulaire, … pour réserver du temps aux questions demandant de l’analyse. Cette approche vous conduira à apprendre des passages « par coeur », parce que ce sont des points facilement, et surtout rapidement acquis. Font partis de cette catégorie, les formules mathématiques, et le vocabulaire.

Les 200 questions sont réparties en plusieurs domaines5

Domaine Part des questions
Démarrage / Initialisation 13%
Planification 24%
Exécution 31%
Contrôle et maitrise 25%
Clôture 7%
Total 100%

Lorsque vous recevrez vos résultats, vous aurez des indications sur vos performances, domaine par domaine.

Les révisions

La révision s’appuie sur 4 outils principaux

  1. Le PMBok®,
  2. Les outils de simulation d’examen,
  3. De la recherche, sur les différentes méthodes et techniques.
  4. Le livre PMP® Exam Prep de Rita Mulcahy6,

En premier lieu, la bible s’appelle le PMBok® (Guide du Corpus des connaissances en management de projet – quand je vous disais que la traduction française était barbare). Comme déjà expliqué précédemment, ce livre est la référence, tout est dedans, même si certains éléments sont parfois un peu succincts ou cachés. Ce livre sera votre livre de chevet pendant plusieurs semaines. Il faudra le lire, le relire, et le relire encore.

Les outils de simulation d’examen sont très importants, car ils permettent de

  • Montrer ce que l’on attend d’un certifié PMP®,
  • Auto-évaluer votre compréhension du framework,
  • Vous rassurez sur votre niveau avant l’examen.

Les premiers examens « blancs » ne sont, en général, pas très bons, pour de multiples raisons: pas assez de travail, travail pas suffisamment détaillé, mauvaise compréhension, … L’analyse de vos réponses, et des corrigés, vous permettra de ré-ajuster vos révisions.

Comme expliqué dans le paragraphe précédent, le PMBok® nous donne les connaissances sur le framework et les processus, mais beaucoup d’outils et techniques sont considérés comme connus, ce qui est plus ou moins le cas, en fonction de votre expérience. Les révisions passent donc par des recherches sur ces outils et techniques. Cette recherche ne doit pas être négligée.

Le livre PMP® Exam Prep, aussi appelé RITA (le prénom de son auteur), est une bonne extension du PMBok®, dans le sens ou il en commente le contenu, et y ajoute des informations complémentaires.

Formation ou candidature libre?

Devez-vous suivre une formation, ou est-il possible de passer l’examen en candidat libre?
Techniquement, passer la certification en candidat libre est parfaitement possible, mais je recommande fortement de se présenter à l’examen dans le cadre d’une formation. La préparation à l’examen demande un travail important, et la compréhension d’un grand nombre de concepts. Effectuer ce travail seul me semble risqué, à moins d’avoir déjà une expérience PMP®.

La formation

  • permet de mieux identifier les parties considérées comme implicites, mais non décrites dans le PMBok®,
  • donne accés plus facilement à des outils comme les simulateurs d’examen.

Mon retour d’expérience

Lire plusieurs fois le PMBok® est le minimum, mais ce n’est pas suffisant pour l’obtention de la certification. D’une part, le PMBok® est touffu et volumineux. Certaines phrases paraissent anodines, et sont pourtant très importantes, parce qu’elles cachent un concept (et donc plusieurs questions potentielles pour l’examen).
D’autre part, le PMI® attend de nous, une certaine culture de la gestion de projet, et donc la connaissance d’outils, méthodes, techniques, auxquelles le PMBok® fait référence, mais sans les décrire.

Il faut donc compléter la lecture du PMBok® avec d’autres lectures (livres, internet, …).

J’ai moyennement apprécié le RITA. Le livre m’a aidé à comprendre certaines parties du PMBok®, mais sans plus. Le style d’écriture est trop « verbeux »: il faut attendre parfois 2 pages avant de réellement entrer dans le sujet qui nous préoccupe. Ce n’est qu’un avis personnel, les avis de mes collègues étaient plutôt positifs.

Les outils de simulation d’examen apportent énormément. Comme je l’ai déjà dit précédemment, ces outils nous permettent d’abord de comprendre ce que l’on attend de nous. Ces auto-évaluations, sont essentielles pour vérifier notre bonne compréhension des concepts et principes décrits dans le PMBok®. Les debriefings après simulation d’examen, sont très productifs.

Conclusion

Ces deux premiers articles ont planté le décor, nous allons, dès le prochain article, entrer dans le vif du sujet.

  • Merci à Catherine Kowalski pour ces suggestions pendant la rédaction, et le temps passé à la relecture de cet article.
Notes
  1. « PMI », le logo « PMI », « PMP », le logo « PMP », et PMBOK, sont des marques déposées par Project Management Institute, Inc
  2. Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Project Management Institute de Wikipédia en français (auteurs)
  3. Project Management Professional. (2016, February 18). In Wikipedia, The Free Encyclopedia. Retrieved 11:11, February 19, 2016, from https://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Project_Management_Professional&oldid=705557885
  4. About PMP® > Prerequisites – http://www.pmi.org/certification/project-management-professional-pmp.aspx
  5. PMP Certification Exam Outline, page 3
  6. RMC Leaning Solution – http://www.rmcls.com/about/rita.aspx

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *