Web 2.0 et Mobilité

La création d’un blog nous fait entrer dans la grande communauté du Web 2.0. Un monde où nos publications sont diffusées à des vitesses extraordinaires, un monde où nous avons des tas d’amis, qui sont connectés en permanence où qu’ils soient, grâce à de nombreux outils, très utiles et très conviviaux. Pour faire partie de cette communauté, nous nous devons de faire comme eux.

Mais finalement, à quoi servent tous ces outils? Pourquoi un tel intérêt pour les technologies dites Web 2.0? Pourquoi une telle pression sur leur développement? Pourquoi autant d’annonces au sujet de la mobilité?

J’ai fini par comprendre …

En fait, tant que l’utilisateur reste devant son PC, à utiliser des logiciels installés localement, il ne consomme rien d’autre qu’un peu d’énergie: pas de publicité à regarder, pas un seul lien à cliquer, pas de numéro carte bleue à saisir … Bref, la déprime totale pour nos amis du marketing.

On a bien essayé de faire consommer à cet utilisateur la même chose que ce qu’il consommait habituellement devant la télé (soda, ships salées ou allégées), mais ne pouvant pas faire les deux choses en mêmes temps, cette tactique n’a pas développé « de nouveaux marchés ».

Comble de la radinerie, ce même utilisateur ne renouvelle son PC que tous les 3 à 5 ans, sans jamais mettre à jour les logiciels qui étaient installés dessus lors de l’achat.

Il faut donc trouver un moyen d’atteindre cet utilisateur indélicat. Pour cela, pourquoi ne pas déplacer ses activités informatiques vers des outils en ligne? Cela permettrait:

  • de louer l’accès aux applications, qui seraient alors appelées « services », pour s’assurer de revenus sûres et réguliers,
  • d’abreuver les utilisateurs de liens publicitaires auxquels ils ne pourraient plus échapper.

L’ergonomie et les fonctionnalités d’une page HTML restant limitées, sont apparues des technologies permettant une amélioration sensible de l’ergonomie, et le développement de véritables applications. Le Web 2.0 est né.

Cependant, la stratégie publicitaire qui consiste à mettre de simples outils en ligne, n’a pas plus d’efficacité que ce que nous connaissons aujourd’hui avec la télévision: on ne cible personne, ou tout le monde en même temps.

Une première stratégie consiste à créer des outils dédiés à des catégories d’utilisateurs:

  • Les outils de messagerie instantanée pour les « jeunes » (ado, pré-ado …),
  • La même chose pour les adultes s’appellent Twitter,
  • Les réseaux sociaux type FaceBook pour les étudiants, et jeunes actifs,
  • Les réseaux sociaux type LinkedIn pour les professionnels établis,
  • Les blogs pour les adolescents névrosés, ou les adultes qui croient avoir quelque chose d’intelligent à dire (le reste des bloggers étant là pour « attirer » les deux catégories précédentes).

Au début on décrochait son mobile pour dire « devines ou je suis? », la technologie évoluant, nous l’avons ensuite fait par SMS « ou té? », maintenant on le twit « je suis à la terrasse d’un café à Londres ». High-Tech et tendance, que demander de mieux ? Mais quel intérêt ?

Je suis étonné que les jeux en ligne ne soient pas déjà plus envahis par la publicité. Les mondes médiévaux ne s’y prêtent peut-être pas … Il serait temps que les éditeurs nous proposent des environnements plus comtemporains, plus propices à la publicité, comme le fait le cinéma aujourd’hui. C’est un dilemne d’ailleurs, comment proposer un monde original, attractif, sans qu’il ressemble à ce que nous connaissons aujourd’hui? Et puis que deviendrons nos trolls, gobelins, et autres elfes?

Continuons notre démarche: Cibler des catégories d’utilisateurs/consommateurs c’est bien, mais cibler l’individu lui-même serait encore plus efficace. Il faut, pour cela, disposer d’informations précises sur chacune des personnes connectées.

On commence par une collecte passive, une analyse du comportement. Sont étudiés:

  • Les requêtes, pour afficher des publicités en rapport (dis-moi ce que tu recherches, et je vais t’aider à acheter autre chose ! )
  • Les achats, pour proposer des objets ou accessoires similaires,
  • L’historique des navigations,
  • La position géographique ( géo-localisation de l’adresse IP).

L’étape suivante est plus active: on invite les utilisateurs à donner des informations sur eux-mêmes:

La dernière étape consiste(ra) à proposer aux utilisateurs de faire héberger leurs données pour qu’ils puissent en disposer partout ou et n’importe quand: Ce sont les services de stockage des données en ligne, les suites bureautiques « online » …

Il reste un dernier détail à régler: l’utilisateur a besoin d’un terminal pour être connecté, et jusqu’à présent ce terminal étant fixe, notre utilisateur restait hors d’atteinte pendant de trop nombreuses heures. Apparaît alors le concept mobilité. Donnons à nos chers utilisateurs, le moyen de rester connecté partout, tout le temps, et trouvons les outils qui lui donnent envie de rester connectés: PC portable, micro-PC, smartphone, GPS évolué … mais également Wifi, Wimax, 3G, …

Voilà, notre stratégie est en place. Les utilisateurs sont connectés en permanence, enregistrant eux-mêmes les données qui permettent à des sociétés commerciales de les saturer d’offres publicitaires dédiées.

De cette stratégie « du tout en ligne », nous pouvons en déduire plusieurs choses:

  • Toute initiative qui favoriserait le poste de travail au détriment d’un service connecté est voué à l’échec,
  • Les modèles économiques basés sur la vente deviennent peu à peu caduques. Les logiciels ne seront plus vendus, mais loués ou en libre accès. Le terminal sera donné ou loué avec le logiciel. Nous louerons des services comme le stockage par exemple,
  • Comme tout passera par Internet, l’élément stratégique n’est plus le système d’exploitation, mais le navigateur, ou plutôt le moteur du navigateur, parce que le navigateur lui-même sera devenu également inutile (l’historique de navigation, et les favoris seront en ligne). Il faudra que ce moteur fonctionne sur tout est n’importe quoi,
  • En raison de ces trois premiers points, nous pouvons considérer que Microsoft Vista est une erreur stratégique monumentale: A quoi sert de payer très cher, un système d’exploitation hypertrophié, pour faire de l’internet, et lire sa messagerie,
  • Les contraintes d’interopérabilité entre services sont décuplés. Il ne s’agit plus d’être compatible avec quelques applications installées dans un coin d’un disque dur, mais de pouvoir interagir et échanger des informations, avec une multitude de services. La notion de standard est donc fondamentale. Celui qui arrive à déposer un brevet sur une technologie qui devient standard deviendra riche, … très riche … à moins que ces standards soient « libres de droit ».

Cette stratégie permet également de comprendre l’actualité technologique du moment:

  • La bataille Internet Explorer / FireFox (avec le moteur Gecko),
  • La bataille entre Adobe AIR, Microsoft Silver, Google Gear,
  • La tentative de rachat de Yahoo par Microsoft,
  • Le développement tentaculaire de G**gle, dont la stratégie suit celle que je viens de décrire depuis quasiment ses origines.

Mais il reste, selon moins, quatre obstacles majeurs à traiter: la sécurité, la législation, l’ergonomie et l’énergie.

La sécurité, parce que rien ne garantie et ne pourra garantir que nos données ne seront pas volées, et « mal » utilisées. Le problème risque d’ailleurs, de ne jamais être résolu, l’expérience montrant que toutes les protections finissent toujours par être contournées.

La législation actuelle nous protége-t-elle efficacement contre l’utilisation de nos données personnelles? Je ne pense pas. Mais disposer d’une législation ne fait pas tout: il faut également la faire respecter. Hors les lois sont encore nationales, et Internet ne connaît aucune frontière !

L’ergonomie est également à la traîne: aujourd’hui, nous n’avons encore rien trouvé de mieux qu’un clavier pour saisir du texte rapidement, et qu’un écran pour visualiser l’information (la publicité). Hors les deux prennent de la place ou demande de l’énergie. Les micro-PC sont compactes, mais pas suffisamment pour entrer dans une poche, et les téléphones ne disposent pas d’un écran très confortables.

L’énergie est également un facteur déterminant: sans énergie, pas de service, ni d’écran publicitaire à consommer. Malgré des progrés considérables, l’autonomie des équipements reste un point bloquant pour certains équipements.

Conclusion

Bien sûr, je donne là une version pessimiste (ou polémique) du Web 2.0. Je ne préconise certainement pas de vivre reclus et déconnecté, pour éviter tout contact avec ses produits (sinon ce blog n’existerait pas). Mais, il me semble important que chacun soit informé, et conscient des risques liés à l’usage de ces outils.

Publier du contenu sur Internet, ou construire des profils un peu partout n’est pas anodin: Ces informations

  • Ne servent qu’à enrichir les entreprises qui les collectent,
  • Sont permanentes (ou indélébiles)
  • Et sont surtout hors de notre contrôle.

Je pense particulièrement aux outils à la mode en ce moment: FaceBook, My Space, Twitter. Ces outils sont de formidables agrégateurs d’informations, dont la base de données sera, un jour ou l’autre, vendue une fortune, à des entreprises comme Microsoft, Yahoo, Google, Nokia …

Références

  • (fr) Facebook dans le collimateur de la Cnil – Le Figaro,
  • (fr) Rachat Microsoft-Yahoo ! : les développements du vectorialisme – Framasoft.

Référence de toute dernière minute:

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