Vous ne le savez pas encore, mais la Formule 1 est l’une de mes passions. Sans trop savoir pourquoi, je reste souvent scotché devant la télé lors des Grands Prix. J’ai découvert ce sport, par hasard, en 1981. Renault proposait alors le fameux moteur turbo, et Alain Prost entamait sa seconde saison.

Dire que je suis toujours aussi passionné est plus ou moins vrai. D’une part en vieillissant, mes priorités ont évolué (heureusement), et d’autre part, ce sport a largement perdu de son intérêt au fil du temps.
C’est de cela dont je souhaite vous parler.

Je trouve que cette saison est très symptomatique des problèmes de la Formule 1. Nous avons en effet une lutte extrêmement serrée au championnat du monde, avec un dénouement lors du dernier grand prix, et malgré tout, pouvons-nous qualifier le championnat de passionnant? nous souviendrons-nous, dans 5 ans, de ce championnat?
Pour moi, la réponse est NON.

Comme dans beaucoup d’autres sports, les souvenirs sont liés aux grands prix, pas au championnat. Nous nous souvenons, par exemple, de la coupe du monde de football 1982, uniquement grâce au fameux match France-Allemagne de Séville.

Hors, pour la Formule 1, il faut bien reconnaître que les grands prix eux-mêmes sont loin d’être passionnants: Pas ou peu de dépassements, des leaders qui restent leaders du début à la fin, … dans la plupart des grands prix, il ne se passe rien.

Du point de vue des performances, les voitures sont pourtant de plus en plus proches: nous n’avons plus, comme avant, des écarts de plusieurs dizaines de secondes. Les premiers ne terminent maintenant, qu’à quelques secondes les uns des autres. Mais combien de fois, voyons-nous un pilote rattraper celui qui le précède, puis finalement rester derrière lui, à quelques centièmes de secondes, sans tenter de manoeuvre de dépassement?

Cette année, il a fallu un incident de course (Singapour), ou la pluie (Spa et le Brésil) pour rendre les courses intéressantes. Cette année, nous nous souviendrons certainement de Spa et du grand prix du Brésil, pas du championnat en lui-même.

Lorsque l’on montre des images de Formule 1, les images qui reviennent sont celles des années 80, avec Gilles Villeneuve, Didier Arnoult, notamment, les années 90 et 2000 sont beaucoup moins nombreuses.

Quelles qu’en soient les raisons, il faut que les grand prix redeviennent des spectacles. Il faut pour cela, de l’action avec les dépassements, de la bagarre, … et du suspense, avec des incertitudes par rapport aux résultats. Pour résumer: avoir des grand prix agités, avec un classement final qui ne ressemble pas à celui de la grille de départ.

En fonction de ce qu’il s’est passé cette année, j’ai bien quelques idées (plus ou moins sérieuses ;-) )

  • Après le concept des grand prix nocturnes, pourquoi ne pas créer, le concept de grand prix humides: un circuit ou des conditions météo pluvieuses et changeantes pourraient être créées aléatoirement,
  • Faire tourner les pilotes: les pilotes changent d’écurie à chaque course. Nous pourrions mesurer alors le vrai talent des pilotes, et la vrai valeur des voitures.
  • Pourquoi ne pas créer la notion d’handicap, comme pour les courses de chevaux: plus une écurie marque de points, plus elle devra alourdir ces voitures,
  • Faire un recrutement des pilotes en fonction de leur personnalité: ou sont les têtes-brulées, les kamikazes (pardon, j’ai oublié Nakajima …), les mystiques, capables de passer là ou personne ne passe, de tenter ce que personne ne tente?  Nous avons beaucoup de pilotes qui savent ne pas se faire dépasser, mais combien ont l’agressivité pour passer lorsqu’il le faut?

Plus sérieusement, il est urgent maintenant que les dirigeants de cette organisation, prennent les bonnes décisions, pour que ce sport ne devienne pas le loisir d’un petit groupe de milliardaires en manque de sensations (ce qu’il est déjà plus ou moins).